L’accident


Au cours de l’été de mes 12 ans, nous nous rendions à Lyon en voiture avec ma mère et mon frère Etienne. Nous sommes partis de Saint-Pierre-la-Noaille à l’extrême sud de la Bourgogne, petite bourgade berceau de la famille des deux côtés. Nous empruntions la nationale 7, l’autoroute rejoignant la capitale des lumières n’étant pas encore ouverte à l’époque.

Entre Saint-Symphorien-de-Lay et Neaux, tout a basculé en quelques secondes. Nous roulions à 90 kilomètres à l’heure. Dans un tournant, un poids lourds de 36 tonnes (je l’ai su après) nous a coupé la route. Le choque a été tellement brutale que je ne m’en souviens plus. Les images ont été refoulées par mon subconscient. Un symptôme traumatique bien connu des spécialistes.

J’ai été touché à la tête. Diagnostique : traumatisme crânien avec scalpe (c’est-à-dire une blessure traversant une partie de la tête et du front). Au-delà du traumatisme lié au choc en tant que tel, j’ai été particulièrement affecté par les marques de cette blessure qui ont mis environ deux ans à s’estomper. Evidemment, j’attirais tout les regards. Ce qui pour un adolescent ne laisse pas indemne.

Quelques semaines après, je rentrais en cinquième. Je me souviens de mes camarades sidérés de me voir avec une telle cicatrice à la tête. Je m’isolais dans la cour et en classe persuadé d’être différent des autres. J’ai alors perdu tout camarade. Ce n’était là que le début d’une lente descente aux enfers.


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